Récital de Poésie

2 premières semaines de Septembre

Encadré par: Anaïs Muller, comédienne, Thomas Pasquelin, comédien et Pauline Rabeau, scénographe

Durant deux semaines, cette jeune compagnie s'est appropriée une salle de Pasteur, l'a transformé, une salle de classe et ainsi devenue la pièce noire capable de susurrer aux murs de l'ancienne faculté dentaire des mots, des phrases, de la poésie....

« Chante, oh déesse, chante la colère d’Achille". Ainsi s'ouvre l’Iliade.

"Oh muse, conte-moi l’aventure de l’inventif Ulysse". Ainsi s'ouvre l’Odyssée.

Ainsi naquit la poésie. Par la parole. Récitée, improvisée, dite, scandée, chantée.

Elle est musique, rythme, bien avant que d’être écrite.

« La langue a une tradition orale indépendante de l’écriture. Langage et écriture sont deux systèmes de signes distincts ; l’unique raison d’être du second est de représenter le premier ». Saussure

C’est avec ses origines que nous voulons renouer. Ce que nous voulons : un être seul avec un texte, sous une ampoule, sur un plateau nu.

Rien de plus. Point d’action, point de combat, point de duel ou de duo sous un balcon. Point de décors apparaissant, disparaissant. Les mots, sans artifice, sans rien qui en détourne. Ainsi le spectateur ira directement au poème, à la musique, sans avoir à en passer par la lecture qui, souvent, trop souvent peut le rebuter et lui taire l’essentiel. Nous sommes les héritiers des aèdes qui chantèrent la gloire d’Achille, des scaldes nordiques exaltant les exploits d’Harald le preux, des troubadours d’Occitanie pleurant la belle Isolde.

« Les mots, la puissance des mots, jouent pour le chamane un rôle essentiel, ce qui est en jeu, c’est une poétique du langage. La poésie est ici le moyen qui permet de remonter directement de l’affect à la parole, et jusqu’à la parole écrite à condition qu’elle conserve son obscurité, qu’elle soit parole de nuit et non parole claire. Même si la parole a un sens, l’essentiel est qu’elle ait un air, une mélodie. Pour un chamane yucatèque, des paroles sans mélodie n’ont pas de puissance et donc pas de sens mythique. Elles n’ont un sens que pour l’analyste occidental mais celui-ci, s’il ne veut pas tomber dans le piège de l’ethnocentrisme, doit comprendre ce sens « à l’intérieur du son », ce que j’ai appelé remonter le son « à contresens » ».

Boccara, La part animale de l’homme, p. 22

Depuis notre rencontre au Théâtre national de Bretagne, nous avons en partage l’amour des textes et la poésie constitue notre nourriture première. Les poètes que nous avons choisis cheminent depuis longtemps à nos côtés. Nous les connaissons. Nous nous sommes nourris de leurs mots pour monter sur scène. Et aujourd’hui nous voulons monter sur scène avec leurs mots.

Le travail sera composé de trois récitals

Le premier sera celui de Thomas Pasquelin qui a choisi de dire Christophe Tarkos.

Le deuxième sera celui d’Anaïs Muller qui a choisi de dire Federico Garcia Lorca.

Le troisième associera les deux acteurs.

« La poésie est une métaphysique instantanée. En un court poème, elle doit donner une vision de l’univers et le secret d’une âme, un être et des objets, tout à la fois. Si elle suit simplement le temps de la vie, elle est moins que la vie ; elle ne peut être plus que la vie qu’en immobilisant la vie, qu’en vivant sur place la dialectique des joies et des peines. Elle est alors le principe d’une simultanéité essentielle où l’être le plus dispersé, le plus désuni conquiert son unité ». Bachelard

Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur
Travail - Récital de Poésie à Pasteur